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Le Châtelet [91] Diminutif de castel, avec le sens de « petit château ». A l’origine, ouvrage en bois que l’assiégeant édifiait devant une place pour renforcer la ligne d’encerclement et s’opposer à d’éventuelles sorties des assiégés (notamment face aux portes des cités ou des châteaux). Dès le Moyen Age, le « châtelet » désigne un ouvrage extérieur, autonome et compact, installé sur un passage obligé ou à son extrémité pour contrôler et verrouiller l’accès direct à une place dont il assure la défense rapprochée (château ou enceinte urbaine). L’érection de tels châtelets est mentionnée par les sources dès la fin du Ier millénaire de notre ère, mais cet usage pourrait être plus ancien. Initialement, les premiers châtelets étaient en bois. Plus tard, ils furent reconstruits en pierres, plus solides et moins vulnérables au feu. A Paris, le Petit Châtelet, primitivement en bois, défendait ainsi l’accès du Petit Pont. Il fut incendié par les Normands au Xe siècle et reconstruit en maçonnerie. A l’époque médiévale, on en installe fréquemment à l’extrémité des ponts enjambant un cours d’eau et conduisant à la porte d’une cité. Très rapidement, des châtelets sont également élevés en avant du fossé des enceintes urbaines ou castrales, devant les portes des villes fortifiées ou à l’entrée des châteaux forts, pour mieux en défendre l’accès. Leur érection sur la contrescarpe permet de doubler la défense des portes, de tenir l’assaillant éloigné de ces points faibles et de multiplier ainsi les obstacles qu’il faut forcer avant de pouvoir atteindre la porte proprement dite. En tant que première défense avancée d’une porte, ces ouvrages constituent de puissants môles défensifs, conçus et équipés pour pouvoir résister de manière autonome à de puissantes attaques. Etant coupés de la place par le fossé, ils sont particulièrement exposés et se retrouvent souvent isolés en cas de siège. Ils ne peuvent alors compter que sur la solidité de leur propres défenses. C’est pourquoi ils possèdent généralement une petite garnison qui leur est propre et une réserve de vivres et de munitions qui leur permet de prolonger la résistance. A ce titre, ils constituent effectivement de « petits châteaux ».
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