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[e8] 9364:

Tourelle de 75 mm de Roche la Croix [528]

La tourelle à éclipse de Roche la Croix pèse 265 tonnes dont 130 pour la partie mobile. Elle est armée de deux canons-obusiers jumelés de 75 mm modèle 1933. Ces pièces ont une portée de 12 500 mètres et permettent le tir tous azimuts. L’obus pèse 5,2 kg. La cadence de tir atteignait 12 coups / minute avec des servants bien entraînés, bien que l’alimentation ne soit pas automatisée. La mise en batterie de la tourelle ne prend que quelques secondes car il suffit de la relever de 50 cm pour permettre le tir. Dès le dernier coup parti, la tourelle est aussitôt éclipsée pour la protéger des tirs de contrebatterie. La manœuvre est facilitée par un contrepoids de 18 tonnes suspendu à un balancier de 4,5 mètres. Tous les mécanismes (éclipse, pointage, rotation de la tourelle, ventilation, norias à munitions) sont commandés électriquement. Le cas échéant, ils peuvent aussi être exécutés manuellement en cas de coupure de l’alimentation. La tourelle était servie par 25 hommes. Elle mesure 12 mètres de hauteur et s’étage sur trois niveaux. L’étage inférieur abrite le balancier et la fosse du contrepoids, le mécanisme de l’éclipse et les tableaux de commandes. Trois hommes étaient préposés au mécanisme de l’éclipse et à l’alimentation électrique, et 5 au ravitaillement en munitions. Les mécanismes d’alimentation et de pointage des pièces se trouvent à l’étage intermédiaire. Ils étaient servis par 12 hommes. C’est également à ce niveau que se tenait habituellement le chef de tourelle. Le pointage s’effectuait grâce à un bras télescopique (solidaire du pivot) qui parcourt une couronne graduée en décigrades scellée sur la paroi du puits de la tourelle. Ce système, très simple, permet une grande précision de tir. L’alimentation en munitions de la chambre de tir était assurée par deux norias à obus disposées de part et d’autre du poste de pointage et commandées électriquement. Les munitions non utilisées dans la chambre de tir étaient redescendues vers l’étage intermédiaire par une troisième noria auxiliaire, actionnée manuellement et de débit moindre. Le dernier niveau abrite la chambre de tir dont le volume intérieur est en grande partie occupé par les deux pièces jumelées, ce qui fait qu’on y est très à l’étroit. Quatre hommes s’y tenaient, protégés par la coupole blindée. Celle-ci a un diamètre de 4 mètres et possède un blindage de 350 mm d’épaisseur. Elle pèse à elle seule 30 tonnes et constitue la seule partie qui dépasse de la superstructure de l’ouvrage lorsque la tourelle est en batterie. A l’extérieur, le cuirassement porte encore les traces des bombes et des obus qui s’abattirent sur la tourelle durant les combats de 1945 pour déloger les Allemands. Ces projectiles ne firent toutefois qu’érafler le blindage. La dotation initiale était de 2000 coups. Les munitions étaient montées depuis les magasins par un monte-charge électrique, puis stockées à l’étage intermédiaire dans des armoires permettant une disponibilité immédiate de 1700 coups.

 
 

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